Chorégraphies paysagères
Écologies du social
Le projet examine les chorégraphies paysagères comme un développement historiquement spécifique de la site specificity (Hunter/Turner 2025). Il part du constat que les chorégraphies dans et avec le paysage ont pris une virulence particulière sur la scène européenne de la danse depuis la pandémie de COVID-19. En raison des exigences sanitaires, de production et de politique culturelle, les créations ont dû être élaborées en dehors des structures bâties, telles que les théâtres. Dans le même temps, l’urgence de la responsabilité écologique est devenue de plus en plus pressante. Depuis lors, diverses interventions dans l’espace public associent des thèmes et des préoccupations sociaux et écologiques à des formats participatifs dans le paysage.
Selon l’hypothèse du projet, elles cherchent des moyens de mettre en résonance physique la perception de la nature, du paysage et de l’environnement (urbain) afin de les réécrire, de les mettre en mouvement et de provoquer des changements. En tant que «chorégraphies sociales», elles aiguisent la conscience écologique et expérimentent de nouvelles formes de coexistence.

Le projet considère les œuvres artistiques comme des chorégraphies paysagères dans lesquelles le «paysage» est produit de manière performative par la référence relationnelle entre les corps humains et non humains en mouvement (Ingold 2021). Le «paysage» est ici compris comme un espace physique et un habitat qui, dans l’installation artistique, devient un objet de contemplation, de réflexion et d’immersion. Les chorégraphies paysagères peuvent prendre différentes formes: explorations microscopiques de son propre corps dans la forêt, comme par example dans les œuvres processuelles et immersives de l’artiste suisse Gregory Stauffer (Stauffer 2024). Ou encore des dispositifs techniquement sophistiqués et théâtraux en plein air, comme dans WASTEland de Claudia Bosse (2025) ou Paysages partagés de Rimini Protokoll et du Théâtre de Vidy-Lausanne (2023). Les chorégraphies paysagères intègrent souvent des éléments participatifs tels que des promenades guidées, d’installations guidées par des partitions, des parcours sensoriels ou des interactions médiatisées avec «la nature» (par exemple grâce à augmented reality). Elles évoquent ainsi des expériences chorégraphiques spécifiques – spatiales et sociales – des paysages.
Le projet fait partie du projet de recherche du FNS Social Choreographies (2024-2028) mené à l’Institut d’études théâtrales.
Chorégraphies de la précarité
Changement climatique et expérience corporelle
Le changement climatique place les îles du Pacifique Sud au centre de l’attention mondiale. En raison de leur situation géographique précaire (leur faible altitude au-dessus du niveau de la mer), les changements climatiques constituent une menace pour les moyens de subsistance de leurs habitants.
Dans ce contexte, le projet de doctorat Chorégraphies de la précarité. Changement climatique et expérience corporelle (2024-2028) explore l’expérience incarnée de la crise climatique en travaillant avec des praticiens de la danse du Pacifique Sud à Aotearoa/Nouvelle-Zélande, Tungaru/Kiribati et Tuvalu.
Les danseurs sont particulièrement formés et habiles à percevoir leur corps, l’espace qui les entoure et la relation spatiale entre les corps humains et géographiques (tels que les atolls, les îles, les îlots, les lagons, les fonds marins et les plages). Pour cette raison, ils sont les mieux placés pour comprendre comment le changement climatique est perçu, ressenti et vécu au niveau corporel et quotidien.

